Nosy-Be

Nosy Be.

En malgache : « Nosy : île » et « Be : grand » est une île côtière de Madagascar située dans le canal du Mozambique, près des côtes nord-ouest de Madagascar. L’île est aussi appelée Ambariobe (« La Grande île » en dialecte local) par les habitants de la région.

Géographie.

Nosy komba est une autre île au sud de Nosy Be appelée Nosy Komba. Île volcanique et rocheuse à 620 mètres d’altitude.

Localisation.

Île volcanique d’une superficie de 321 km2, elle se situe dans la baie d’Ampasindava à 8 kilomètres au large de Madagascar. Elle s’étend sur environ 26 kilomètres du nord au sud sur 20 kilomètres d’est en ouest. C’est l’île principale d’un archipel qui comprend les petites îles de Nosy Komba, Nosy Fanihy, Nosy Sakatia, Nosy Iranja, Nosy Tanikely et les archipels des Mitsio et des Radama1. L’ensemble constitue un département rattaché à la région Diana. L’île culmine au mont Lokobe, volcan éteint à 455 mètres d’altitude ; le mont Passot est à 329 mètres de haut. Son chef-lieu est Hell-Ville (nom usuel mais le nom malgache usité est Andoany) 30 000 habitants, situé sur la côte Sud, qui possède le port principal de l’île.

Topographie.

Nosy Be a une forme assez régulière avec un relief assez mouvementé. Son point culminant est Lokobe avec 450 m au Sud-Est de l’île puis le mont Passot à 315 m au centre de l’île accessible à travers les lacs sacrés. Ses côtes sont interrompues par de nombreuses baies et des plages merveilleuses ourlées de cocotiers.

Géologie.

Il y a de nombreux lacs, d’origine volcanique, entourés d’une végétation tropicale. Ils sont généralement habités par des crocodiles.

Climat.

L’imposante chaîne du Tsaratanana – à l’est – et le massif montagneux du Manongarivo – au sud – forment autour de l’ile de Nosy Be un cirque de hauteurs protectrices qui arrêtent les alizés et déterminent un climat « en enclave » dans la région Ouest de Madagascar. Les seuls vents sont des brises thermiques (Régime de brise) soufflant suivant le mouvement du soleil à des heures régulières de la journée et de la nuit, tantôt dans un sens tantôt dans l’autre :ils ne sont jamais très forts. L’île de Nosy Be et son archipel ont un climat particulièrement agréable avec une moyenne annuelle de température de 25°C (en hiver 22°C et pendant l’été, d’octobre à février, 28°C). Dans la région Nord de l’archipel de Nosy Be, les îles Mitsio et la Baie du Courrier, il souffle pendant l’hiver un vent assez fort appelé « avarabe » tandis que tous les après-midi, la chaleur de la journée est tempérée par une agréable brise d’ouest, appelée « talio » qui souffle jusqu’au coucher du soleil.

La région de Nosy Be et du bas Sambirano est caractérisée par des pluies annuelles assez abondantes. (2 244 millimètres à Nossi-Bé, 2,196 millimètres à Ambanja). Le Sud de l’île est plus arrosé que le Nord. Le maximum est atteint en janvier (508 millimètres à Fascene, 462 millimètres à Hell-Ville, 541 millimètres à Ambanja). Le minimum est en juillet (25 millimètres à Fascene, 37 millimètres à Hell-Ville) ou en juin (26 millimètres à Ambanja)2. Il pleut surtout la nuit et l’ensoleillement est important : plus de 3000 heures par an.

L’unique station météo de l’île diffusant en temps réel des observations météorologiques a été installée et est maintenue par Doany Beach [archive] à la Réserve de Lokobe dans le sud de l’île.

Transport.

On accède à Nosy Be de deux façons :

  • Transport routier

Nosy Be dispose d’une seule et unique route en dur qui fait le tour de l’île, ensuite de nombreux chemins et pistes existent, en plus ou moins bon état. Pour se déplacer, vous pouvez utiliser des taxis, des tuk-tuk (petit véhicule couvert à 3 roues permettant de transporter 2 ou 3 personnes). Des vélos et scooters sont aussi utilisés sur place à titre individuel par les locaux.

  • Transport aérien

    L’aéroport international de Fascene se trouve sur la côte Est de Nosy Be. Il est desservi par vols réguliers par :

  • Transports maritimes

    Par bateau, des liaisons desservent le port de Hell-Ville à partir de celui d’Ankify, les départs se font toute la journée en aller-retour jusqu’à la tombée de la nuit. Attention, la mer bouge davantage dans l’après-midi. Sur place, trois principaux ports existent, celui de Hell-ville qui réceptionne les arrivées d’Ankifi et les conteneurs, le port de la Marina où tous les catamarans de la Réunion et d’ailleurs se donnent rendez-vous et enfin la plage d’Ambatoloaka qui n’est pas un port à proprement parler mais une plage avec des bateaux de plaisance d’où se font tous les départs en excursion sur les îles alentours. La plage d’Ambatoloaka est animée dès la tombée de la nuit.

Environnement et patrimoine naturel.

La flore tropicale de la côte Ouest présente de très belles forêts primaires parmi lesquelles certaines sont protégées par l’État sous forme de réserves naturelles ; à Nosy Be, il y a celle de Lokobe [archive]. Parmi les essences les plus communes, citons le palissandre, le camphrier, l’ylang-ylang, plusieurs espèces de palmiers, le kapokier, la tamarinier, les filaos. Les Français introduisirent plusieurs épices qui aujourd’hui font la richesse de l’île et se développent très bien : la canne à sucre (1650), le café (1845). Parmi d’autres espèces végétales, citons les acabias, les raphias, les eucalyptus, le cacao. En plus de ses fruits connus, les îles offrent beaucoup d’autres variétés ignorées en Europe mais très agréables telles que le jack, le poc-poc, le combava, le cœur de bœuf.

À Nosy Be vivent essentiellement quelques espèces de lémuriens nocturnes dans la réserve naturelle de Lokobe mais il y a une forte concentration de Lémur macaco, à fourrure noire, sur l’île de Nosy Komba, qui constitue également une réserve naturelle.

Les poissons les plus communs sont ceux des récifs comme les poissons perroquets, les mérous, les thons, les barracudas, les espadons, les carangues, les sardines et les maquereaux. La majorité sont visibles au parc protégé de Nosy Tanikely. Cette faune sous marine est actuellement menacée car une exploitation de Terre rare,(Tantalium Rare Earth), engendrant des effluents toxiques, est envisagée dans la partie méridionale de la presqu’île voisinant la Baie d’Ampasindava : les courants de marée portent, suivant le vent, vers l’Est Nord Est ou le Nord Nord Est, c’est-à-dire vers l’île de Nosy Be et la région Nord de son archipel.

Histoire.

900 à 1800.

C’est vers le IXe siècle que les navigateurs arabes qui visitent épisodiquement l’île nommèrent Nosy be « Assada » ou « Sada », les Malgaches la nommaient alors « Vario Be ». Vers 900, les Arabes qui abordent les côtes nord-ouest de Madagascar se ravitaillent à Nosy Be et y créent un comptoir à Mahilaka. Ils fortifient alors la ville avec un mur d’enceinte de 4 mètres de haut et 2 km sur 1 km de côté. En 1100, les arabes créent un comptoir à Ambanaro. En 1200, Mahilaka devient la plus grande ville de Madagascar. En 1400, les Indiens viennent se fixer à Ambanoro à la suite du déclin de Mahilaka. Ils s’aperçurent rapidement que s’y trouvaient des bancs d’huîtres dont ils se mirent à exploiter les perles en les exportant vers Ceylan. Occupée par les Français dès 1841 intéressés par sa belle rade – soit 55 ans avant le reste de Madagascar -, puis rapidement colonisée, Nosy Be est devenue, au XIXe siècle, un comptoir commercial important de la côte ouest de Madagascar.

Colonisation

L’île de Nosy Be devient un endroit important à Madagascar à partir de la fin des années 1830. Le capitaine d’infanterie de marine Pierre Passot est chargé par le Gouverneur de Bourbon et Amiral de Hell de chercher un port militaire à Madagascar pour remplacer Port-Louis (Île Maurice), annexé par la Grande-Bretagne. L’expédition arrive à Nosy Be en 1839, à bord de la Prévoyante. Passot, assisté par des marins et un missionnaire (l’abbé Dalmond) choisissent la rade la plus sûre de Nosy Be, dans laquelle est fondé un poste militaire, baptisé Hell-Ville en l’honneur du gouverneur de Bourbon4.

Passot revient à bord du Colibri en 1841 et prend officiellement possession de Nosy Be et des îles adjacentes. L’île de Nosy Be est donc colonisée 55 ans avant le reste de Madagascar. Nosy Be devient alors, au milieu du XIXe siècle, un comptoir commercial important de la côte ouest de Madagascar5. L’île était un centre économique qui reliait la Réunion à Majunga et aux autres villes de la côte6.

C’est en 1842 que les Français la baptisèrent par décret « Nossi-Bé » la grande île ou « la perle de l’océan indien ».

En 1849, les Français appliquèrent l’abolition de l’esclavage votée en métropole, cela causa une grande révolte des propriétaires malgaches qui se coalisèrent et se révoltèrent contre l’administration, une armée sakalava attaqua Hell-Ville mais fut repoussée7.

À partir des années 1850, les cultures, les plantations de rente s’y développent, essentiellement entreprises par des colons réunionnais, mauriciens et français. L’île fait partie avec l’Île Sainte-Marie de Madagascar du gouvernement de Mayotte et compte environ 15 000 habitants vers 1865. Elle est rattachée à Madagascar après la conquête de Madagascar par la France en 1897.

Ainsi, la petite île devient une colonie agricole, recouverte de champs de cannes, d’indigo, de café, mais aussi de sésame, de riz, de maïs, de patates douces et de manioc. Elle récolte les fleurs d’ylang-ylang à partir des années 1910. C’est de cette activité que lui vient le surnom d’île aux parfums. Au cours des années 1920, l’île voit se développer une importante industrie sucrière autour de la ville de Dzamandzar avec une rhumerie célèbre portant le même nom. La culture de la canne à sucre a cessé en 2006 après la fermeture de la SIRAMA et les champs ont laissé place à des espaces propices aux constructions immobilières.

 

 

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Nosy Be de Wikipédia en français (auteurs)